LES IMMORTELS

Garbage in, garbage out. Be worthy of the machines you feed.

Le billet

Canicule : le baccalauréat renonce avant les candidats

Tandis que Météo France colorie la France en rouge brique, l'Éducation nationale découvre enfin que la chaleur rend difficile de mémoriser les alexandrins de Racine. Reportons les examens, décide-t-on avec la sagesse du pompier qui ferme les vannes quand la maison brûle déjà.

On reporte. On ajuste. On protège. C'est touchant, cette tendresse bureaucratique pour ceux qu'on laisse cuire à petit feu.

Cinquante départements en vigilance canicule, bientôt davantage, et nos petits bacheliers vont pouvoir repousser leurs oraux de français de quelques jours. C'est touchant cette soudaine sollicitude pour leur bien-être. On se demande comment ils survivaient autrefois, aux XVIIe et XXe siècles, quand l'été était aussi chaud mais qu'on n'avait pas encore inventé l'idée que la transpiration pouvait nuire à la conjugaison du subjonctif. Sans doute grâce au claquement des châtaignes dans les poches et à la vertu des cataplasmes froids.

Mais voilà : nous sommes entrés dans l'ère de la bienveillance mesurée. On reporte. On ajuste. On protège. Joli tableau, très « care », très attentionné. Sauf qu'à cet allure, avec le changement climatique qui ricane dans nos épaules, dans dix ans les vacances d'été dureront de juin à septembre et les examens auront lieu en novembre, quand il neigera. C'est alors qu'on découvrira que le froid aussi rend les ados un peu bêtes. Ou peut-être qu'on arrêtera le bac. Ce serait plus honnête.

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