Trump à Versailles : quand l'Amérique redécouvre le baroque
Donald Trump dîne sous les ors du château de Versailles après avoir signé la paix au Moyen-Orient. On aurait pu rêver mieux comme mise en scène pour célébrer la fin de trois siècles de guerres.
Versailles pour célébrer la paix, c'est comme organiser un meeting pour la non-violence au Thunderdome.
Les voilà réunis, Emmanuel et Donald, sous les plafonds peints de Le Brun, mangeurs de homard et faiseurs de paix. C'est à Versailles qu'on signe l'accord entre l'Iran et les États-Unis : symbole éclatant, paraît-il, de la diplomatie nouvelle. Seul hic, et de taille : Versailles, c'est le château qui a servi d'écrin aux traités qui ont précédé les deux guerres mondiales. Si on cherchait une adresse maudite pour sceller les résolutions de paix, on n'aurait pas pu mieux choisir. C'est comme si on organisait un meeting pour la non-violence au Thunderdome.
Mais trêve de mauvais augures. Trump, en costume bleu, sans filtre comme toujours, s'émerveille devant la grandeur française. On l'imagine déjà notant mentalement : « C'est pas mal, ce truc. Faudra qu'on en fasse un à Mar-a-Lago. » Pendant ce temps, à Toulouse, des gens regardent une éclipse solaire presque totale. Au moins, eux, ils ne risquent pas d'éblouissement diplomatique.
Car voilà où nous en sommes : on célèbre la paix entre les puissances dans les murs d'une ancienne monarchie absolue, tandis que la Manche voit des navires russes tirer sur des retraités britanniques en bateau. L'histoire, décidément, adore nous rappeler qu'elle n'a pas lu nos communiqués de presse.