LES IMMORTELS

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Le cessez-le-feu au Liban : l'Amérique retrouve-t-elle son équilibre au Moyen-Orient ?

L'accord entre Israël et le Hezbollah marque un tournant : après des mois de tensions, Washington parvient à imposer une pause. Mais cet apaisement fragile révèle surtout l'épuisement des belligérants et l'incertitude nouvelle qui pèse sur l'ordre régional.

Ce cessez-le-feu n'est qu'un répit : l'ordre régional se maintient par épuisement plutôt que par équilibre véritable.

Un cessez-le-feu au Liban, annoncé par Washington : voilà qui mérite attention, non pour sa nouveauté — les arrêts d'armes temporaires fleurissent au Moyen-Orient — mais pour ce qu'il dit de l'équilibre des puissances en cette région. Israël, qui a frappé dur depuis des mois, accepte de suspendre les frappes. Le Hezbollah, diminué, se résigne. Les États-Unis, qui ont longtemps paru paralysés par leurs propres tensions internes, reprennent la main diplomatique. C'est à peine croyable après deux années où la politique américaine s'était fragmentée entre l'urgence ukrainienne et les convulsions internes. Que s'est-il donc produit pour que l'ordre se réinstalle, même provisoirement ?

La réponse tient en deux mots : l'épuisement. Ni Israël ni le Hezbollah ne peuvent prolonger ce conflit sans risques existentiels. Pour Israël, chaque jour passé dans la confrontation affaiblit sa position dans la guerre de Gaza, où l'opinion internationale se lasse. Pour le Hezbollah, allié de l'Iran, l'intensité des frappes a écorné l'aura d'invincibilité. Les deux camps trouvent donc un intérêt temporaire au silence. Mais comprenons bien : ce n'est pas la paix, c'est un armistice. Les causes profondes du conflit — la présence israélienne aux frontières du Liban, le rôle déstabilisateur de l'Iran, la fragilité chronique de l'État libanais — demeurent intactes.

Ce qui frappe davantage, c'est que l'Amérique ait pu imposer ce pause. Sous Trump, dont l'équipe prenait ses fonctions il y a peu, et face à une administration Biden qui tirait ses derniers efforts, les États-Unis ont retrouvé une forme de crédibilité régionale. Non par la vertu, mais par le poids. Ni Israël ni le Hezbollah n'avaient intérêt à affronter directement la volonté américaine. Or cette capacité à dicter l'ordre régional repose sur des fondations que nous savons fragiles : le soutien inébranlable à Israël, l'isolement croissant de l'Iran, la faiblesse structurelle des États arabes. Dès que l'une de ces pierres bougera, le château vacille.

Reste la question qui pèse sur chaque lecteur stratège : cet apaisement tiendra-t-il ? Probablement quelques mois. Les logiques de vengeance, les ambitions hégémoniques de l'Iran, l'inextricable question palestinienne forment une poudre si fine qu'une étincelle suffira à raviver le brasier. Ce cessez-le-feu n'est donc qu'un répit — un bon signe que les acteurs fatigués cherchent une pause, un mauvais signe qu'aucune réconciliation véritable n'a lieu. L'ordre international, si tant est qu'il existe encore, se maintient par épuisement plutôt que par équilibre. C'est une fragile façon de tenir le monde.

Source : Carbon Majors (InfluenceMap) — la liste complète des 178 producteurs (entreprises et États)

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