LES IMMORTELS

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Le détroit d'Ormuz, nouvel enjeu du bras de fer israélo-iranien

Tandis que le Liban brûle, l'Iran brandit la fermeture du détroit d'Ormuz comme arme de rétorsion. Ce goulot stratégique devient le théâtre d'une escalade qui menace l'équilibre énergétique mondial.

Fermer Ormuz, ce n'est pas un geste politique ordinaire, c'est brandir l'arme la plus redoutable qu'une puissance régionale puisse manier contre l'occident et ses alliés.

L'Iran annonce, pour la énième fois, la fermeture du détroit d'Ormuz. Cette menace, devenue presque rituelle au rythme des crises du Moyen-Orient, n'en demeure pas moins lourde de conséquences. Par ce passage étroit entre l'Iran et Oman, transitent environ 21 % des échanges pétroliers mondiaux : un tiers de tout le pétrole consommé sur terre emprunte cette artère. Fermer Ormuz, ce n'est pas un geste politique ordinaire, c'est brandir l'arme la plus redoutable qu'une puissance régionale puisse manier contre l'occident et ses alliés. Que le geste soit suivi d'effet ou demeure une gesticulation, l'intention elle-même ébranle les marchés et redessine les alliances.

Cette annonce répond aux violations répétées du cessez-le-feu au Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah. Mais elle s'inscrit dans un mouvement bien plus profond : la transformation du Moyen-Orient en champ clos où les puissances régionales, libérées de l'arbitrage américain d'antan, règlent leurs comptes à armes inégales. L'Iran, assiégé économiquement, dépassé militairement, ne possède qu'une monnaie d'échange : sa capacité à paralyser le commerce mondial. Israël, soutenu par Washington, dispose de la domination aérienne et navale. Entre ces deux forces asymétriques, le Liban devient champ de bataille et otage.

Ce qui frappe, c'est la fragilité du système. Les négociations entre Washington et Téhéran, annoncées pour Genève, se tiennent pendant que les bombes tombent. Aucune diplomatie n'a jamais su éteindre un incendie qu'on continue à attiser. Les grandes puissances observent, certaines espérant tirer profit de ce chaos régional, d'autres paralysées par la peur d'une escalade incontrôlable. L'Europe, tributaire de l'énergie, compte les jours.

Le détroit d'Ormuz incarne aujourd'hui ce que le Moyen-Orient est devenu : un nœud où convergent les ambitions régionales, où la géopolitique classique se brouille avec le terrorisme d'État, où une étincelle peut paralyser le monde. Aucun ordre durable ne peut émerger d'une région où chaque camp redoute que l'autre l'anéantisse. Le détroit ne sera fermé que si quelqu'un trouve le courage de construire, plutôt que de détruire.

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